19 novembre 2008

Histoire de bêtes

[Journée du lundi 10 novembre]

Bien qu’elle ne soit pas très éloignée de G., la partie de la Drôme qu’on appelle « des collines » nous est mal connue. Il n’y a pas vraiment de rupture entre les paysages que l’on voit à Saint-Antoine l’Abbaye et ceux, tout aussi moelleux, de la basse vallée de l’Herbasse. Nous avons donc découvert tout ce pays par une large boucle pédestre autour du village de Montmiral. La journée commença assez mal car nous nous retrouvâmes assez vite face à une espèce de chien loup, à la mine bien menaçante, et à l’air peu engageant (bien qu’il ne nous ait jamais aboyé dessus). Bref, le départ de la promenade fut repoussé à bonnes distances de ce molosse. Bien que le chemin fût bien balisé et fort connu de tous, il nous fallait traverser certaines exploitations agricoles, dans le genre hangars en tôles dont on ne sait jamais si un fameux « chien de ferme » ne va pas jaillir de sa cachette. Ses petites angoisses, très injustifiées dans le cas présent, ne laissent guère nos nerfs en repos, ce qui est toujours bien préjudiciable à une randonnée sereine et ouverte le paysage. Le pays, pourtant, est assez beau car il domine largement la plaine de l’Isère dans un moutonnement assez harmonieux qui porte la vue jusqu’au Vercors et ses plus hauts sommets (Grande Moucherolle, Grand Veymont) que l’on voyait très nettement au-dessus du rebord occidentale du plateau. Certes les forêts sont très pauvres (bouleaux chétifs et châtaigniers gros comme le poing, de temps un beau hêtre) mais leur étalement, entre les prés et les maigres champs cultivés croulants sous les galets laissés ici au würm, donnent une assez belle harmonie à la campagne. De jolis petits ruisseaux – on ose à peine les appeler rivières - sont dispersés ça et là à travers les failles dans la pierre de molasse, très utilisée aux alentours dans les plus belles constructions du passé. La plus belle de ces ruisselles est la bien nommée Joyeuse qui coule comme elle peut en de larges (et bien peu profondes) méandres. Le déjeuner fut vraiment pris sur le pousse (sans doute le dernier pique-nique au grand air de la saison) car le vent, bien qu’il vienne du Sud, n’était pas très chaud. Au retour, nous avons jeté un œil sur l’église de Montmiral qui a été coupée en deux au XIXe siècle et affublée d’un assez triste et grotesque clocher. Heureusement, le chevet et une partie de la nef sont d’origine beaucoup plus ancienne. Armé de notre Dauphiné roman Zodiaque, nous sommes ensuite partis à la découverte de quelques unes des églises et chapelles de la région. Premier arrêt pour la chapelle Saint-Ange, à Geyssans, mais de nouveau un chien à tête de loup, au pelage fauve comme un lion nous a fait quitter précipitamment le petit cimetière qui entoure ce modeste édifice. C’est bien dommage, car nous n’avons pas eu le temps de le découvrir plus à fond (inutile de penser y entrer : toutes les édifices religieux sont depuis longtemps barricadés à double-tour). La route se poursuit jusqu’à Arthemornay où l’église Saint-Marcellin est très bien mise en valeur, parfaitement propre. Le clocher est très intéressant ainsi que le chevet, assez disparate. Il était dit que nous n’en avions pas fini avec les sales bêtes car L. fut à deux doigt de mettre le pied sur cette superbe couleuvre à collier qui se prélassait tranquillement au chaud soleil d’automne. Prochaine étape : Bathernay et son église Saint-Etienne, un peu isolée du village, en position dominante. Cette fois-ci nous avons du affronter une espèce de boule de poils noirs – peut-être un griffon – qui était très très hostile (sans doute parce qu’il eût aussi peur que nous). Bref… grand détour pour éviter le monstre à dents pointues. Nous sommes donc arrivés par le haut, en voiture, ce qui est, en définitive, le meilleur chemin pour prendre pieds devant le petit cimetière. La route qui y mène est absolument dans le vertige de la ligne de crêtes ; la vue réellement immense, encore plus dominante qu’à Montmiral. Comme le ciel était plutôt sur la pente de l’éclaircissement, c’était encore mieux. Pour en revenir à Saint-Etienne, je ne sais pas si la maison forte qui se trouve à ses côtés n’est pas plus belle que l’édifice religieux. Leur architecture se complète à merveille, le gothique répondant au roman. J’ai beaucoup aimé ces sortes d’atlantes dans la veine grotesque qui n’en finissent pas, depuis des siècles, de supporter le toit de l’église. L’intérieur est un peu trop propre pour paraître ancien ; ce qu’il est pourtant. Au final, on est toujours moins bête avec son volume Zodiaque dans la main car c’est lui qui n’oublie rien (des pierres et du temps qui passe). Au retour – il faisait déjà presque nuit – nous avons jeté un œil au mystérieux château de Crépol qui parait bien endormi mais pas du tout abandonné. Nous sommes arrivés trop tard pour prendre en photographie la grande façade occidentale de Saint-Antoine l’Abbaye sous les derniers rayons de soleil. Chouette, il faudra revenir !

13 novembre 2008

Les pierres

Dimanche dernier, le temps n’était pas très agréable mais nous avons tout de même réussi à sortir aux bons moments de l'après-midi, qui se font de plus en plus courts, depuis le changement d’heure. Première étape: la tombe de Messiaen à Saintt-Théoffrey, près de Laffray, sur le plateau matheysin. Je pensais à un monument plus isolé des autres tombes. Il n’en est rien, bien qu’elle soit assez originale, sans être tape à l’œil. Elle correspond assez bien, je crois, au personnage. Du cimetière, on aperçoit un peu les lacs de la Matheysine et le paysage. Mais c’est depuis la ligne de crête qui sépare le côté lac du côté Notre-Dame-de-Vaulx que la vue la plus large, immense même. Le chemin des Crêts (les biens nommés !) est très beau car la forêt (de hêtres, principalement) est souvent percée de belles vues sur l’un ou l’autre des versants. A l’extrémité de cette modeste épine dorsale, il est même possible de dominer à peu près tout et d’avoir un horizon dégagé, jusqu’à la Chartreuse et Grenoble au Nord, jusqu’à la Mure et le massif de l’Obiou au Sud, jusqu’à l’Oisans, Belledonne et la saignée de la Romanche à l’Est. Ce plateau à mi-hauteur (mais glacial l’hiver) est décidemment très tentant pour y établir ses quartiers… En redescendant vers Vizille, nous nous sommes arrêtés à l’église Saint-Firmin de Notre-Dame-de-Mésage qui est peut-être la plus belle église du département, en tout cas dans le top ten. C’est le volume, la stéréotomie - comme je crois qu’il faut dire -, qui est parfaite dans ce monument. On a l’impression d’un petit bloc homogène, aux lignes pures, à la pierre – du tuf – aussi belle de près que de loin. Le clocher est peut-être la pièce maitresse de l’ensemble ; il est bien assis sans paraître lourd ni disgracieux. C’est peut-être la grâce (de Dieu, des bâtisseurs, …) qu’il faut évoquer en admirant cette splendeur. Le volume Dauphiné roman de Zodiaque parle d’un site sublime. Je ne suis pas tout à fait de cet avis. La basse vallée de la Romanche, à Vizille, n’est pas spécialement jolie bien que le site, entourée de montagnes assez abruptes, soit intéressant (intéressant, surtout, pour celui qui ne connaît pas la montagne, les Alpes) mais l’église est à quelques mètres en contrebas de la célèbre et de funeste mémoire « descente de Laffrey », ce qui n’est pas vraiment un poste de haute solitude.

31 juillet 2008

Promenade en brume

Des sites que l’on aime on ne retient souvent que la première vision. C’est un fait, le site de la Grande Chartreuse (je veux dire, l’étroit vallon où se tient le monastère) est un endroit tout à fait étonnant, parfaitement unique qui, à chaque visite, n’en finit pas de me séduire. Nous pensions dimanche, en partant de bon matin, que le beau temps serait de la partie. Il n’en fut rien : nuages en bancs denses stagnants vers 1500 mètres. Et c’était bien dommage car nous étions décidés à découvrir de nouveaux horizons, surtout ceux qui s’échouent face aux terribles falaises calcaires qui dégringolent du bien nommé Grand Som. Au lieu de partir vers le haut sommet, par la dense et humide forêt qui vient mourir au Pas de la Suiffière nous avions décidé de changer de versant et d’aller découvrir les pentes plus molles qui se dressent (à l’ouest ?) entre les cols de la Ruchère et d’Arpison. Le privilège des départs matinaux est d’être à peu près seul pour parcourir les quelques centaines de mètres qui mènent du parking de la Correrie au monastère. Cette allée, bordée d’arbres vénérables et moussus, est l’une des plus belles qui soit. Si on n’avait pas peur d’être un peu fade, on dirait que c’est l’allée de la spiritualité qui mène d’un monde à l’autre. Combien de moines, d’esprits dévots ou de simples curieux sont passés ici depuis l’établissement de saint-Bruno ? Hélas, il y avait quelques dizaines de mètres derrière nous un trio de retraités, pas trop silencieux, très bavard même et pas du tout inspiré (dans le genre : « à Leclerc les pêches sont en promos », etc.). La grâce et la quiétude ne touchent pas tout le monde, on le voit. Au point que les pauvres moines ont du placarder quelques messages sur leurs vieux murs pour réclamer un peu de silence. Au retour de la promenade, en fin d’après-midi, il n’est plus possible de demander quoique ce soit : les petites cohortes touristiques jacassent tranquillement, comme si rien n’était et surtout pas la beauté simple d’un site naturel extraordinaire. La plupart d’entre eux, d’ailleurs, porte ces affreuses Tongues (Tongs ?) de plage qu’on ne s’étonne plus de voir ni là-haut ni au travail. On croise des regards vident, des yeux qui ne fouillent rien du paysage qui ne divaguent nulle part, des yeux abêtis, sans l’envie de découvrir. On se demande ce qu’ils font là.

Bref, pour en revenir à la promenade du jour, il faut tout de même s’arrêter un peu pour admirer les bâtiments conventuels qui possèdent quelques unes des plus belles toitures du Dauphiné, dans le style si caractéristique de la tuile à écailles. Les petits bâtiments annexes, dont ce qui semble être la scierie, ne sont pas vilains non plus (le toit, la pente, l’air de toucher le sol comme le manteau de la Vierge).  Peu après, on s’enfonce dans l’épaisse forêt en suivant à peu près le thalweg. Après le réservoir d’eau (ou plutôt l’abreuvoir à bestiaux), prendre à gauche le chemin ombragé qui monte gaillardement vers le Habert du Billon, à 1300 mètres d’altitude. Ces deux bâtiments figurent dans tous les guides touristiques de la Chartreuse. C’est un honneur très légitime car ils sont très beaux dans leur utile existence (maison du berger, maison des troupeaux). Pas le temps de musarder (surtout à la limite de l’onde nuageuse), il faut rejoindre les vaches au col de la Ruchère en passant par la bizarrement nommée plaine de la Folie. Au-delà, s’enfoncer plus avant dans l’humide forêt, face à l’ouest, en contournant le dôme d’Aliénard (aliéné, folie, jamais toponymie n’a été aussi parlante). Ensuite, pour rejoindre en boucle le Habert du Billon, les engins de débardages du bois ont méchamment détérioré la piste forestière, avec leurs grosses chaînes. Nous sommes alors tombés sur deux égarés qui partaient à l’envers de leur destination, bien heureux de nous croiser pour repartir dans le bon sens. Alors que nous admirions l’abreuvoir du Habert, deux randonneuses aperçues plus en arrière de la promenade nous rejoignent. L’une a le hoquet, l’autre semble étrangère (elles parlent en anglais). Retour par l’ancienne route goudronnée en partie commune avec la piste forestière de la Chartrousette. Il est encore temps de kidnapper quelques beaux points de vue sur le monastère.

23 juin 2008

Vertes prairies

Le château de Sassenage, ou plutôt ses meubles, à moins que ce soit la Fondation chargée de veiller sur le précieux héritage de la dernière descente de l’illustrissime et prestigieuse famille éponyme, a récemment fait parler de lui. La polémique a même eu une certaine portée nationale. Le Conseil général s’est finalement réveillé en faisant sursoir à la vente de certains joyaux de la collection. Mon propos, en cette chaude soirée, n’est pas de paraphraser – pour une fois ! - à l’infini les récents évènements. Simplement, nous avons fait, il y a quinze jours de cela, une délicieuse promenade dans le parc. Il y avait longtemps que nous n’étions pas allés entre ces allées, sous les arbres vénérables (dont un au moins, vient de passer de vie à trépas). Il me semble même que le jardin – si l’on peut parler de jardin – est plutôt plus entretenu qu’il y a quelques années. Surtout, une immense prairie, savamment laissée à l’abandon, agrémentée de délicieuses coupes franches permet de divaguer à l’envie parmi ces quelques hectares. Les hérons, comme les romantiques s’y plaisent beaucoup. Malgré la densité d’habitats à proximité - avec toute la laideur que cela entraine-, le proche immédiat est plutôt joliment assorti aux bâtiments, tant le château lui-même que les communs ou les deux petits pavillons d’entrée qui sont absolument délicieux (la vigne vierge y est pour beaucoup). En réalité, à tout bien réfléchir, je n’aime pas à la folie ce château que je trouve un peu trop brut, le toit surtout, un peu disproportionné et qui n’est pas couvert de ces merveilleuses tuiles à écailles, si caractéristiques de notre belle région. Comme toutes les bâtisses de style Louis XIII, il est un peu sévère, pas très joyeux d’aspect. Néanmoins, il ne faut pas gâcher son plaisir. Le lieu est superbe bien qu’on manque de recul pour la vue car la gigantesque falaise du rebord septentrional du Vercors vient mourir à ses pieds. Cette mort a accouché d’une belle, en la personne de la merveilleuse fée Mélusine, très liée à la proche résurgence qu’on appelle Cuves de Sassenage. La divine sirène tient même les armoiries des familles Béranger et Sassenage sur le blason que l’on peut voir au-dessus de la porte d’entrée. En ce samedi de juin (alors pas très ensoleillé), c’était l’endroit parfait pour lire, rêver et s’évader du temps présent.

05 juin 2008

Aux belles marquises...

« De l'autre côté de cette Seine, non loin du Marais, madame de Vintimille m'avait présenté à Méréville. Méréville était une oasis créée par le sourire d'une muse, mais d'une de ces muses que les poètes gaulois appellent les doctes fées. Ici les aventures de Blanca et Velléda furent lues devant d'élégantes générations, lesquelles s'échappant les unes des autres comme des fleurs, écoutent aujourd'hui les plaintes de mes années. » Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, livre XVII, chapitre 1.

Il y a longtemps que je voulais découvrir le Domaine de Méréville car, lorsqu’on s’intéresse à l’art des jardins et au XVIIIe siècle dans sa veine finale (et les prémices du romantisme), ce nom revient sans cesse. C’est aussi parce qu’après des années d’abandon et de saccage, la Puissance publique, sous la main du Conseil général de l’Essonne a acquis les quatre-vingt dix hectares du parc ainsi que le château. Du bâtiment,  il ne reste rien sauf le toit et les murs. Il a d’ailleurs l’air d’un triste malade, pas très en forme. Dans son état actuel, il ne correspond pas à ce qu’en a connu son propriétaire le plus illustre, le marquis de Laborde, négociant et « banquier de la cour » qui finit à l’échafaud un jour d’avril 1794. Le parc a connu bien des vicissitudes : abandon, saccage et transformation en peupleraie de rapport. De nombreuses fabriques – ces petits bâtiments disséminés un peu partout dans le parc – ont été détruites mais quelques unes sauvées et remontées dans un autre joyau du département de l’Essonne : Jeurre. Actuellement, les jardins sont dans un état intermédiaire ce qui, personnellement me convient très bien, puisqu’il parait illusoire de recréer ce qui n’est plus. Si déjà, ce qui reste, dans sa forme entière ou par l’évocation de ruines est conservé et bien conservé, ce serait merveilleux. J’aime aussi les herbes hautes, le chemin à peine tracé par un sommaire débroussaillage. Le Domaine n’est que très rarement ouvert à la visite. Nous avons profité du « week-end aux jardins » pour parcourir ces belles prairies, en compagnie d’un jeune, sympathique et très enthousiaste médiateur culturel. Pour l’occasion, lui et ces collègues étaient habillés d’un large tablier rose et d’un petit chapeau, façon du grand-père des graines d’élite Clause. C’est extrêmement bobo mais ce n’était pas si mal, en définitive. Au fil de la visite, on passe devant les plus beaux restes de l’évocation : le pont des roches, la grotte derrière la laiterie, le pont vers l’île Natalie, le pont sous les enrochements où se trouvait jadis le temple de la Piété filiale (hommage d’un père à sa fille), actuellement à Jeurre. Le « monument » le plus surprenant est ce curieux potager, en réalité un enclos de murs orientés au levant. Il y a dans le parc, de beaux arbres mais aucun n’a connu l’époque bénie de Laborde : les plus vieux aurait à peine plus de cent-cinquante ans. Il y a donc, dans cette prairie de hautes herbes beaucoup d’espaces libres, de très belles vues et encore plus de perspectives. A peu près rien n’abîme l’œil sauf, à l’est, quelques vilaines maisons « milieu du XXe  siècle ». Le village, d’ailleurs, est lui aussi assez beau. Il a gardé un cachet « village de fond de vallée en bord du plateau beauceron », notamment les maisons groupées autour de la vieille halle en bois (1511). Hors ouvertures exceptionnelles, on peut visiter aux beaux jours et sur rendez-vous, le Domaine le dimanche après-midi. Il est même très facile (et très tentant) d’organiser une belle promenade d’une journée : Chamarande, Jeurre, Méréville et le Marais.

11 février 2008

Au sommet

Alors que Grenoble était dans la brume soufrée (« particules en suspension »), je suis parti ce matin pour une petite journée de plein air. Objectif (très modeste) : la Croix de Léat (1825m) depuis Gleyzin (partie nord du massif de Belledonne, près d’Allevard). En fait, c’est notre récente promenade dans ces parages qui m’a donné l’envie de voir de plus près (et de plus haut). Hélas, il n’y avait pas assez de neige pour chausser les raquettes depuis le parking de La Bourgeat Noire. Sous la sapinière, il restait un mélange de glace vive et de terre, ce qui rendait la montée un peu pénible. Au joli petit chalet du Bout (du monde ?) la couche devint un peu plus consistante et moins clairsemée. L’un des buts de cette promenade était de découvrir les deux sapins « Henri IV » qui aurait été plantés il y a 400 ans pour servir de mâts à notre marine royale. Ils sont superbes, leur circonférence vraiment impressionnante. Plus on monte, et plus la forêt disparaît (rien de bien nouveau). Au lieu d’attaquer en direct l’ascension de la Croix, j’ai poussé jusqu’au lac de Léat où se tient un chalet tout neuf. Arrivée au sommet, il y avait trop de brumes pour bien voir le Granier (en Chartreuse) et les Bauges dans leur ensemble. En revanche, le temps était parfait pour admirer les sommets qui ferment la vallée du Gleyzin. Et ces montagnes-là sont très belles par leurs formes acérées. Il faisait très bon au sommet, pas un souffle de vent. J’en ai profité pour avancer un peu dans l’HSQ (le silence qui régnait était parfait pour la lecture concentrée). Mais comme toujours, il faut rentrer, avec un dernier coup d’œil sur les cimes pour le plaisir.

22 janvier 2008

Le-bout-du-monde

Bien agréable petit week-end de fin janvier avec un air printanier, très trompeur puisque dans quelques semaines (sinon jours) il fera de nouveau froid. Nous avons profité du dimanche pour explorer la haute vallée du Bréda (ou le Haut-Bréda), c'est-à-dire la vallée profonde et très alpine qui fait saillie dans la chaine de Belledonne, à partir de la station thermal d’Allevard. Nous connaissions très mal toute cette région, ce qui est un grand tort car le coin est bien désert et fort propice aux randonnées. Toujours de la neige à 1100m, mais de chauds zéphires nous assaillaient jusqu’auprès de la cascade du Pissou, près du bien nommé Fond-de-France (et jadis proche de la frontière avec la Savoie). Au retour, parce qu’il faisait froid (tout de même), nous avons pris un délicieux chocolat au café de la Maison de la nature, joli petit chalet avec un poêle à bois et un (très) gros Saint-bernard à l’entrée !

14 janvier 2008

Ouate-ouate

Décidemment, la montée au « sommet-sans-nom » est LA promenade du mois de janvier. L’année dernière, déjà, c’était la classique des classiques des randonnées d’hiver. Beaucoup plus de neige, cette fois-ci. Une poudreuse désagrégée mais fine lorsqu’elle est exposée au soleil ; collante et pâteuse lorsqu’elle reçoit la fonte des branches. A pieds, sans raquettes, c’était un peu limite-limite (comme on dit). Mais avec de bonnes chaussures (merci à mes belles et efficaces Millet Explorer GTX), un bon bâton (l’un des rares que le chien C. n’a pas encore déchiqueté) et quelques coups de mollets, on finit par arriver au sommet. Grand soleil, infinie douceur des rayons qui tapent dans le dos lorsqu’on regarde vers les quatre points cardinaux, ronrons lointains venus de la cuvette grenobloise. Et toujours ce bonheur de redescendre avec les artères remplies d’oxygène !

Toute cette neige est venue bien vite. Vendredi soir, c’était Marrakech à Grenoble ; le lendemain matin Varsovie (notez la chute des températures après minuit !):

 

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16 décembre 2007

Dans le froid

J’ai renoncé, vendredi, au repas de Laboratoire annuel – ce qui ne va pas avancer ma socialisation – pour randonner en Chartreuse. Il a beaucoup neigé depuis lundi; le froid en altitude est assez vif (peut-être même plus encore depuis hier). J’ai laissé la voiture au col de Porte pour monter en raquettes jusqu’au Charmant Som (1826 m), sommet mineur mais qui commande une très belle vue sur tout la partie méridionale du massif, la cuvette grenobloise et, plus loin, du Mont-Blanc au Mont-Aiguille. La couche de nuages était peu épaisse mais très dense jusqu’à 1500 m. Au-dessus, c’était merveilleux parce que très dégagé, ensoleillé et glacial. Depuis l’oratoire d’Orcival (1600 m), à la sortie de la forêt, le soleil était radieux, et presque chaud à l’abri du vent. Plus loin, la route avait complètement disparue sous l’amas de neige, avec des congères impressionnantes. Plus je montais sur l’arrête vers le sommet, et plus le vent était pénible. Les rares sapins qui survivent à cette altitude étaient givrés et les rochers pris dans la glace vive. Au sommet, je ne suis pas resté plus de cinq minutes, de peur de me solidifier aussitôt. La mer de nuages était pourtant magnifique, surtout le Grand Som et la partie nord du massif. Tout le panorama, jusqu’aux sommets de Belledonne était à couper le souffle. Au retour, le plus triste est de replonger dans la grisaille. Au col de Porte, la température était tombée à moins six degrés.

28 novembre 2007

Mal

J’aurais bien des choses à dire mais, comme je pressens que je vais m’énerver, je préfère travailler au flickr project. J’ai enfin terminé l’enregistrement des photos du voyage dans l’Aude au printemps 2004. Beaucoup de bons souvenirs remontent à la surface. Pour ceux que cela pourrait intéresser, c’est ici. En raccourci, une image d’une fresque (ancienne abbaye de Saint-Martin-de-Puits) qui a traversé le temps et cela me touche beaucoup. Cette inscription « mal », au-dessus de l’homme en armes, à quelque chose d’assez bouleversant, parce qu’elle est un peu simplette, très « temps sombres et barbares ».

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