23 juin 2008
Vertes prairies
Le château de Sassenage, ou plutôt ses meubles, à moins que ce soit la Fondation chargée de veiller sur le précieux héritage de la dernière descente de l’illustrissime et prestigieuse famille éponyme, a récemment fait parler de lui. La polémique a même eu une certaine portée nationale. Le Conseil général s’est finalement réveillé en faisant sursoir à la vente de certains joyaux de la collection. Mon propos, en cette chaude soirée, n’est pas de paraphraser – pour une fois ! - à l’infini les récents évènements. Simplement, nous avons fait, il y a quinze jours de cela, une délicieuse promenade dans le parc. Il y avait longtemps que nous n’étions pas allés entre ces allées, sous les arbres vénérables (dont un au moins, vient de passer de vie à trépas). Il me semble même que le jardin – si l’on peut parler de jardin – est plutôt plus entretenu qu’il y a quelques années. Surtout, une immense prairie, savamment laissée à l’abandon, agrémentée de délicieuses coupes franches permet de divaguer à l’envie parmi ces quelques hectares. Les hérons, comme les romantiques s’y plaisent beaucoup. Malgré la densité d’habitats à proximité - avec toute la laideur que cela entraine-, le proche immédiat est plutôt joliment assorti aux bâtiments, tant le château lui-même que les communs ou les deux petits pavillons d’entrée qui sont absolument délicieux (la vigne vierge y est pour beaucoup). En réalité, à tout bien réfléchir, je n’aime pas à la folie ce château que je trouve un peu trop brut, le toit surtout, un peu disproportionné et qui n’est pas couvert de ces merveilleuses tuiles à écailles, si caractéristiques de notre belle région. Comme toutes les bâtisses de style Louis XIII, il est un peu sévère, pas très joyeux d’aspect. Néanmoins, il ne faut pas gâcher son plaisir. Le lieu est superbe bien qu’on manque de recul pour la vue car la gigantesque falaise du rebord septentrional du Vercors vient mourir à ses pieds. Cette mort a accouché d’une belle, en la personne de la merveilleuse fée Mélusine, très liée à la proche résurgence qu’on appelle Cuves de Sassenage. La divine sirène tient même les armoiries des familles Béranger et Sassenage sur le blason que l’on peut voir au-dessus de la porte d’entrée. En ce samedi de juin (alors pas très ensoleillé), c’était l’endroit parfait pour lire, rêver et s’évader du temps présent.
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05 juin 2008
Aux belles marquises...
« De l'autre côté de cette Seine, non loin du Marais, madame de Vintimille m'avait présenté à Méréville. Méréville était une oasis créée par le sourire d'une muse, mais d'une de ces muses que les poètes gaulois appellent les doctes fées. Ici les aventures de Blanca et Velléda furent lues devant d'élégantes générations, lesquelles s'échappant les unes des autres comme des fleurs, écoutent aujourd'hui les plaintes de mes années. » Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, livre XVII, chapitre 1.
Il y a longtemps que je voulais découvrir le Domaine de Méréville car, lorsqu’on s’intéresse à l’art des jardins et au XVIIIe siècle dans sa veine finale (et les prémices du romantisme), ce nom revient sans cesse. C’est aussi parce qu’après des années d’abandon et de saccage, la Puissance publique, sous la main du Conseil général de l’Essonne a acquis les quatre-vingt dix hectares du parc ainsi que le château. Du bâtiment, il ne reste rien sauf le toit et les murs. Il a d’ailleurs l’air d’un triste malade, pas très en forme. Dans son état actuel, il ne correspond pas à ce qu’en a connu son propriétaire le plus illustre, le marquis de Laborde, négociant et « banquier de la cour » qui finit à l’échafaud un jour d’avril 1794. Le parc a connu bien des vicissitudes : abandon, saccage et transformation en peupleraie de rapport. De nombreuses fabriques – ces petits bâtiments disséminés un peu partout dans le parc – ont été détruites mais quelques unes sauvées et remontées dans un autre joyau du département de l’Essonne : Jeurre. Actuellement, les jardins sont dans un état intermédiaire ce qui, personnellement me convient très bien, puisqu’il parait illusoire de recréer ce qui n’est plus. Si déjà, ce qui reste, dans sa forme entière ou par l’évocation de ruines est conservé et bien conservé, ce serait merveilleux. J’aime aussi les herbes hautes, le chemin à peine tracé par un sommaire débroussaillage. Le Domaine n’est que très rarement ouvert à la visite. Nous avons profité du « week-end aux jardins » pour parcourir ces belles prairies, en compagnie d’un jeune, sympathique et très enthousiaste médiateur culturel. Pour l’occasion, lui et ces collègues étaient habillés d’un large tablier rose et d’un petit chapeau, façon du grand-père des graines d’élite Clause. C’est extrêmement bobo mais ce n’était pas si mal, en définitive. Au fil de la visite, on passe devant les plus beaux restes de l’évocation : le pont des roches, la grotte derrière la laiterie, le pont vers l’île Natalie, le pont sous les enrochements où se trouvait jadis le temple de la Piété filiale (hommage d’un père à sa fille), actuellement à Jeurre. Le « monument » le plus surprenant est ce curieux potager, en réalité un enclos de murs orientés au levant. Il y a dans le parc, de beaux arbres mais aucun n’a connu l’époque bénie de Laborde : les plus vieux aurait à peine plus de cent-cinquante ans. Il y a donc, dans cette prairie de hautes herbes beaucoup d’espaces libres, de très belles vues et encore plus de perspectives. A peu près rien n’abîme l’œil sauf, à l’est, quelques vilaines maisons « milieu du XXe siècle ». Le village, d’ailleurs, est lui aussi assez beau. Il a gardé un cachet « village de fond de vallée en bord du plateau beauceron », notamment les maisons groupées autour de la vieille halle en bois (1511). Hors ouvertures exceptionnelles, on peut visiter aux beaux jours et sur rendez-vous, le Domaine le dimanche après-midi. Il est même très facile (et très tentant) d’organiser une belle promenade d’une journée : Chamarande, Jeurre, Méréville et le Marais.
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11 février 2008
Au sommet
Alors que Grenoble était dans la brume soufrée (« particules en suspension »), je suis parti ce matin pour une petite journée de plein air. Objectif (très modeste) : la Croix de Léat (1825m) depuis Gleyzin (partie nord du massif de Belledonne, près d’Allevard). En fait, c’est notre récente promenade dans ces parages qui m’a donné l’envie de voir de plus près (et de plus haut). Hélas, il n’y avait pas assez de neige pour chausser les raquettes depuis le parking de La Bourgeat Noire. Sous la sapinière, il restait un mélange de glace vive et de terre, ce qui rendait la montée un peu pénible. Au joli petit chalet du Bout (du monde ?) la couche devint un peu plus consistante et moins clairsemée. L’un des buts de cette promenade était de découvrir les deux sapins « Henri IV » qui aurait été plantés il y a 400 ans pour servir de mâts à notre marine royale. Ils sont superbes, leur circonférence vraiment impressionnante. Plus on monte, et plus la forêt disparaît (rien de bien nouveau). Au lieu d’attaquer en direct l’ascension de la Croix, j’ai poussé jusqu’au lac de Léat où se tient un chalet tout neuf. Arrivée au sommet, il y avait trop de brumes pour bien voir le Granier (en Chartreuse) et les Bauges dans leur ensemble. En revanche, le temps était parfait pour admirer les sommets qui ferment la vallée du Gleyzin. Et ces montagnes-là sont très belles par leurs formes acérées. Il faisait très bon au sommet, pas un souffle de vent. J’en ai profité pour avancer un peu dans l’HSQ (le silence qui régnait était parfait pour la lecture concentrée). Mais comme toujours, il faut rentrer, avec un dernier coup d’œil sur les cimes pour le plaisir.
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22 janvier 2008
Le-bout-du-monde
Bien agréable petit week-end de fin janvier avec un air printanier, très trompeur puisque dans quelques semaines (sinon jours) il fera de nouveau froid. Nous avons profité du dimanche pour explorer la haute vallée du Bréda (ou le Haut-Bréda), c'est-à-dire la vallée profonde et très alpine qui fait saillie dans la chaine de Belledonne, à partir de la station thermal d’Allevard. Nous connaissions très mal toute cette région, ce qui est un grand tort car le coin est bien désert et fort propice aux randonnées. Toujours de la neige à 1100m, mais de chauds zéphires nous assaillaient jusqu’auprès de la cascade du Pissou, près du bien nommé Fond-de-France (et jadis proche de la frontière avec la Savoie). Au retour, parce qu’il faisait froid (tout de même), nous avons pris un délicieux chocolat au café de la Maison de la nature, joli petit chalet avec un poêle à bois et un (très) gros Saint-bernard à l’entrée !
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14 janvier 2008
Ouate-ouate
Décidemment, la montée au « sommet-sans-nom » est LA promenade du mois de janvier. L’année dernière, déjà, c’était la classique des classiques des randonnées d’hiver. Beaucoup plus de neige, cette fois-ci. Une poudreuse désagrégée mais fine lorsqu’elle est exposée au soleil ; collante et pâteuse lorsqu’elle reçoit la fonte des branches. A pieds, sans raquettes, c’était un peu limite-limite (comme on dit). Mais avec de bonnes chaussures (merci à mes belles et efficaces Millet Explorer GTX), un bon bâton (l’un des rares que le chien C. n’a pas encore déchiqueté) et quelques coups de mollets, on finit par arriver au sommet. Grand soleil, infinie douceur des rayons qui tapent dans le dos lorsqu’on regarde vers les quatre points cardinaux, ronrons lointains venus de la cuvette grenobloise. Et toujours ce bonheur de redescendre avec les artères remplies d’oxygène !
Toute cette neige est venue bien vite. Vendredi soir, c’était Marrakech à Grenoble ; le lendemain matin Varsovie (notez la chute des températures après minuit !):

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16 décembre 2007
Dans le froid
J’ai renoncé, vendredi, au repas de Laboratoire annuel – ce qui ne va pas avancer ma socialisation – pour randonner en Chartreuse. Il a beaucoup neigé depuis lundi; le froid en altitude est assez vif (peut-être même plus encore depuis hier). J’ai laissé la voiture au col de Porte pour monter en raquettes jusqu’au Charmant Som (1826 m), sommet mineur mais qui commande une très belle vue sur tout la partie méridionale du massif, la cuvette grenobloise et, plus loin, du Mont-Blanc au Mont-Aiguille. La couche de nuages était peu épaisse mais très dense jusqu’à 1500 m. Au-dessus, c’était merveilleux parce que très dégagé, ensoleillé et glacial. Depuis l’oratoire d’Orcival (1600 m), à la sortie de la forêt, le soleil était radieux, et presque chaud à l’abri du vent. Plus loin, la route avait complètement disparue sous l’amas de neige, avec des congères impressionnantes. Plus je montais sur l’arrête vers le sommet, et plus le vent était pénible. Les rares sapins qui survivent à cette altitude étaient givrés et les rochers pris dans la glace vive. Au sommet, je ne suis pas resté plus de cinq minutes, de peur de me solidifier aussitôt. La mer de nuages était pourtant magnifique, surtout le Grand Som et la partie nord du massif. Tout le panorama, jusqu’aux sommets de Belledonne était à couper le souffle. Au retour, le plus triste est de replonger dans la grisaille. Au col de Porte, la température était tombée à moins six degrés.
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28 novembre 2007
Mal
J’aurais bien des choses à dire mais, comme je pressens que je vais m’énerver, je préfère travailler au flickr project. J’ai enfin terminé l’enregistrement des photos du voyage dans l’Aude au printemps 2004. Beaucoup de bons souvenirs remontent à la surface. Pour ceux que cela pourrait intéresser, c’est ici. En raccourci, une image d’une fresque (ancienne abbaye de Saint-Martin-de-Puits) qui a traversé le temps et cela me touche beaucoup. Cette inscription « mal », au-dessus de l’homme en armes, à quelque chose d’assez bouleversant, parce qu’elle est un peu simplette, très « temps sombres et barbares ».
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12 septembre 2007
Elle(s) parle(nt) à mes yeux,

J.M.W Turner (? On the lake of Lucerne) - Tate, legs de l'artiste, 1856
Vendredi dernier, je suis allé dans le nord du département pour visiter l’exposition Turner-Ravier à Morestel (entre Grenoble et Bourg-en-Bresse, à la louche). Comme j’étais en avance, j’ai poussé jusqu’à Brangues, à quelques kilomètres de là. J’ai ainsi pu découvrir le château et la tombe de Paul Claudel ; celle-ci étant au fond du parc, entourée d’un humble jardin japonais qui donne sur les contreforts du Bugey, juste au-dessus de la saignée faite par le Rhône dans son parcours vers Lyon. Le paysage est très caractéristique de ce que l’écrivain aimait : «… Puissantes ondulations de collines prosodiques, se relevant et s’abaissant comme une envolée de Cicéron, comme un ver de Virgile, comme une période de Bossuet, que ponctuent ça et là la tâche blanche d’un mur de ferme, l’humble feu maintenu à travers bien des siècles d’un groupe de foyers. Ce mouvement immobile, cette ligne de pèlerinage infini, comme elle parle à mes yeux, comme elle chante » (Eloge du Dauphiné). Brangues est également très connu pour avoir été le village natif d’Antoine Berthet, dont la malheureuse affaire inspira à Stendhal Le Rouge et le Noir : « Sous l'aile du curé de Brangues qui l'a initié au latin, Antoine Berthet, dernier fils du forgeron de Brangues, étudie dans divers séminaires, mais il en est successivement chassé pour une évidente indifférence religieuse. Entre temps, précepteur chez les Michoud de la Tour, bourgeois de Brangues, puis domestique chez le Comte de Cordon, petit noble savoyard, il connaît dans les deux cas des aventures galantes qui le font congédier. Persuadé que Madame Michoud est cause de son dernier congédiement, il décide de se venger. Un dimanche de Juillet 1827, pendant la célébration de la grand messe, il tire sur Mme Michoud avec un pistolet et retourne l'arme contre lui-même. Le meurtrier et la victime survivront à leurs blessures. Emmené par les gendarmes, via Morestel et Bourgoin, Antoine Berthet sera condamné à mort à Grenoble et guillotiné le 23 Février 1828. » (source).
A Morestel, la maison Ravier a été restaurée avec soin au début des années quatre-vingt-dix (après des années d’abandon). Elle est le siège d’une Association dédiée au célèbre ( ?) peintre dauphinois, aquarelliste hors pair, ami de Corot et de tant d’autres. Ravier fut aussi photographe (daguerréotypes). Il traversa tout le dix-neuvième siècle (1814-1895). La Tate de Londres prête jusqu’à fin septembre une dizaine d’aquarelles de Turner qui sût si bien saisir l’eau et le ciel alors que Ravier eût le génie de lier l’air et la terre. La plupart de ses œuvres ont été peintes sur le vif près de Morestel, au bord des mares, à la lisière des bois, souvent à la tombée du jour, le moment où les éléments fusionnent si élégamment (et souvent si intensément). Le catalogue de l’exposition est disponible ici, il est richement illustré et les écrits très savants.
Au retour, je me suis arrêté devant le monument à la mémoire de l’aviateur Pégoud, l’inventeur du looping et gloire de sa ville natale (Montferrat).

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03 septembre 2007
Pise chez nous
Nous étions bien peinés, hier, d’avoir fait un petit bout de chemin pour trouver portes closes au château de Saint-Albin-de-Vaulserre, près du Pont-de-Beauvoisin, dans l’extrême nord du département, face aux avant-postes savoyards. La place est vraiment merveilleuse car elle domine tout le plat pays. Cette bâtisse a été élevée sur une ancienne maison forte des temps moyenâgeux. On ne dira jamais assez que les seigneurs de ces âges lointains avaient bon goût en matière de belle vue. Mais l’agréable cédait sans doute le pas à l’utile et aux stratégies militaires. Le château est comme posé sur une longue terrasse. Il y a aussi, parait-il, un beau parc romantique. Tout ce pays là, que l’on découvre à peine, est très isolé, vraiment à l’abri des routes et du vacarme. L’architecture rurale est souvent en pisé, plus ou moins debout, plus ou moins effondrée ou en passe de l’être. Nous y retournerons pour les châtaignes ! Au retour, petit détour pour choisir le premier amateur de bâtons de notre future meute (enfin, pour le jour où nous aurons deux ou trois hectares de jardin).
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16 août 2007
Mollets raides
Ce mercredi de l’Assomption nous a permis de faire une longue et belle promenade sur la réserve des Hauts-Plateaux du Vercors à partir du petit village de Chichilianne, blotti sous le Mont-Aiguille et séparé du Trièves par les crêtes du Platary. La montée est vraiment superbe, en deux temps. La première partie gentille et doucement pentue permet de chauffer la machine pour la seconde, relativement longue, qui conduit au pas de l’Essaure après une longue ascension sauvage dans les hêtres mêlés de pins (et infestés de ces maudites mouches et autres taons piqueurs). A certains endroits, le calcaire affleure le chemin de terre sous la forme de curieuses marches; on se croirait dans un phare de haute mer. Le contraste, lorsqu’on arrive sur le plateau est total. Il n’y a plus d’arbres mais qu’une vaste prairie, vaguement caillouteuse, et jaunie par le vent et le soleil. Le marquage, inutile et ultra abondant dans la plaine, a laissé la place à une absence totale d’indications écrites sur le plateau. Des cairns, ces tas aléatoires, sont comme les petits cailloux du Petit-Poucet, la seule chance de s’en sortir en cas de brouillard. Pas d’âmes qui vivent sur ces lieux solitaires à part un berger taciturne et quelques dizaines de moutons (qu’on fortifie au sel autour de ce bel abri de peu). On poursuit à tâtons vers le refuge de Chaumailloux tout en ne ratant pas les perspectives magnifiques qui, de temps en temps, font surface au détour du chemin. Même les chevaux semblent heureux de paître dans ces clairières à l’herbe haute. Avant de redescendre par le ravin du pas de l’Aiguille, l’Histoire rattrape le randonneur (A nos héros !). Tombée de haut très inintéressante et pierreuse à souhait ; pas étonnant que certains y laissèrent leur vie. A quatre heures du soir, il y a encore des dingos pour attaquer de face cette pente plus que raide, le soleil dans les yeux (mais aussi le vent du sud dans les cheveux). Nous croisons plus bas un drolatique personnage (sans doute un geek grenoblois) armé de son magnifique GPS mais incapable de savoir où il est (…). Les jambes lourdes, nous jetons un dernier coup d’œil au seigneur du lieu, qui n’a pas bougé d’un pouce depuis le matin. Une journée pour l’éternité.
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