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Renaud Camus

  • Transhumance

    « Une des manifestations les plus évidentes de la formidable spécularité en œuvre est bien entendu le tourisme de masse, une section considérable de l’humanité consacrant maintenant une bonne part de son temps, et, non moindre, de son argent, à aller contempler les autres, ou la même, en leur habitat naturel, c’est-à-dire bien sûr culturel – lequel habitat doit bien sûr, pour faire face au tourisme de masse, pour donner satisfaction aux voyageurs à leurs habitudes, à leurs goûts, pour administrer des flots humains de grande ampleur et bien sûr pour assurer aux pays hôtes les notoires ‘’retombées économiques’’ sans quoi tout cela n’aurait qu’un maigre intérêt pour eux, procéder à des aménagements toujours plus massifs, dont l’effet le plus évident, et en même temps le plus durable, est que non seulement ils dépouillent de tout attrait les régions visitées mais qu’ils les rendent de plus en plus étroitement semblables au pays d’origine de leurs visiteurs. Plus les uns sont avides de connaitre les autres, moins ces autres sont autres et plus fort est leur désir, à leur tour, de jouer aux touristes et de connaître les régions d’où leur arrive cet afflux continu de voyageurs et de curieux »

     

    Renaud Camus – La Civilisation des prénoms (Chez l’auteur, 2014)

     

    Photographie Le DL/Jean-François Souchet

  • Trente ans....

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    « Mais plus loin, alors que je roulais vers Florac, le ciel, comme dans un changement à vue, s’est dégagé d’un seul coup. C’était après l’orage une journée nouvelle, offerte et plus précieuse d’être sans place assignée dans les calendriers […]. La pluie avait exhalé toutes les odeurs lourdes de la terre au printemps sur sa fin. J’étais dans une tumultueuse exaltation de bonheur. Et j’ai pensé alors qu’il me plairait d’écrire un livre sur la France, sur les paysages de France et sur leur saison la plus belle, celle-là, entre le fracas de Pâques et celui de l’été. »

    « Je ne crois pas l’amour des lieux si répandu, au fond, qu’on se plairait à nous le faire croire, et m’étonne toujours, et m’agace, du peu d’attention que suscitent, et si courte, en général, au détour d’une route, un beau panorama sur une longue vallée aux plans bien marqués, la courbe solennelle d’un fleuve, l’échelonnement de collines bleutées sertissant une église romane, un hameau, une ferme auprès d’un bosquet. Je ne sache personne, non plus, sauf ma mère et un ami aujourd’hui exilé, perdu de vue, qui soit en voyage au diapason de mon enthousiasme, de ma curiosité, de ma frénésie à voir encore, la nuit presque tombée, et même au-delà, parfois, à la lumière des phares, un château perdu dans des bois, à suivre encore un chemin, à faire encore un détour. »

    (Préface, écrite le 13 avril 1980, du Journal d’un voyage en France)

     

  • Ouf, il est arrivé !

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