21 juillet 2008

220 !

 

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C’est aujourd’hui le deux-cent vingtième anniversaire de la célèbre Assemblée des Trois Ordres du Dauphiné réunit dans la salle du jeu de paume du château de Vizille dont les historiens font le point de départ de la Révolution française. Cette nuit mémorable avait été précédée de la nom moins fameuse journée des Tuiles (7 juin 1788) où les grenoblois révoltés et montés sur les toits près de l’ancien collège des jésuites arrosèrent de tuiles les troupes envoyées par le gouverneur du Dauphiné. [Tableau d’Alexandre Debelle, musée de la Révolution française à Vizille]

01 avril 2008

Carnets à lire

Hier, à la Gare de Lyon, je n’ai pas eu longtemps à chercher pour trouver les Carnets de guerre de Vassilli Grossman dont Élise nous signalait récemment la parution. J’ai avalé avec énormément de plaisir la moitié du volume durant les trois heures du trajet jusqu’à Grenoble. Ce texte est à lire absolument. Il s’agit, en effet, d’un formidable rempart au pessimisme. Ce qu’a vécu le peuple russe, ce peuple de paysans et d’humbles, pris en étau entre la folie meurtrière d’Hitler et la folie idéologique et non moins meurtrière de Staline force l’admiration. Ces Carnets, parcellaires mais géniaux, serviront à Grossman de matériaux pour écrire ses grands romans à venir, notamment Vie et destin (que je n’ai toujours pas lu). Un extrait pour montrer à quel point ces hommes de peu avaient confiance dans leur dictateur malgré ses erreurs stratégiques, malgré le NKVD et malgré la bureaucratie :

« Des divisions en marche. Les visages des hommes. Des ingénieurs et des techniciens, l’artillerie, les chars. En marche jour et nuit. Des visages, encore des visages, leur sérieux, des visages de morts.

Le prolétaire du Dombass Liakhov, soldat du bataillon d’infanterie motorisée de la brigade des chars, a écrit au commandement avant l’attaque : « Transmettez au camarade Staline que je donnerai ma vie pour la patrie, pour lui, et que je ne le regretterai pas le moins du monde. Si je disposais de cinq vies, je les donnerais sans hésiter toutes les cinq pour lui, tellement cet homme m’est précieux. »

[Chap. 14 « les combats de septembre [1942] », page 215]

15 janvier 2008

Qu'au désarroi batte un cœur

Es ist Zeit, daß man weiß

Es is Zeit, daß der Stein sich zu blühen bequemt,

Dass der Unrast ein Hertz schlägt.

Es ist Zeit, daß es Zeit wird.

Es ist Zeit.

Il est temps que l’on sache!

Il est temps que la pierre consente à fleurir,

qu’au désarroi batte un cœur.

Il est temps qu’il soit temps.

Il est temps.

 

Paul Celan

Corona in Pavot et Mémoire (1952)

08 novembre 2007

En habit noir

Suis-je bien le fils d’un pays grave,

d’un siècle en habit noir, et qui semble

porter le deuil de ceux qui l’ont précédé ?

Nerval Voyage en Orient

passage cité par Richard Millet dans Un balcon à Beyrouth.

 

 

[En écoutant la passacaille des sonates pour violon (Monica Huggett) de Biber]

01 novembre 2007

Ici et là-haut

C’était tout de même une belle journée d’automne pour l’enterrement d’un vieux sang français, aristocratique en diable (ou du moins, faisant mine de l’être). Un curé, jeune et chauve (comme il se doit). Un rituel de messe rigide et suranné où les paroles glissent sur nous (faute d’être très assidus en ces lieux). Un encensoir, une musique de circonstances mais si peu enrichissante. Plus j’y pense et plus je me dis qu’il faut bien réfléchir à sa propre fin et ne pas hésiter à choisir ce qu’on aime dans le monde des vivants pour être accompagner de l’autre côté : le Requiem de Fauré (que j’ai réentendu, partiellement, ce matin même, sur France Musique), celui de Dusapin, le De Profundis de Vincent Paulet, une ou deux douzaines de mouvements de quatuor de Beethoven ou de Schubert, quelques chants douloureux de la Passion par Bach et, surtout, peu de paroles (ou des paroles de peu), pas de souvenirs ni d’affreux témoignages (ceux-là même qu’on a jamais reçus de son vivant), encore moins de fleurs sur la noirceur d’une pierre de lave ou la dureté d’un schiste des hautes montagnes. Merci ! Comme dit si bien Hector Obalk à la fin de ses critiques d’art diffusées par Arte.  

04 octobre 2007

O Dieu! je vous appelle, aydez à ma vertu

A cette heure-ci, les enfants sont couchés. Je peux donc mettre ici un lien vers un sonnet de Malherbe assez bien enlevé…

 

28 septembre 2007

Mort en automne

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"L'alpiniste René Desmaison est mort à l'âge de 77 ans, vendredi 28 septembre, selon sa maison d'édition, Hoëbeke. Figure mythique de l'alpinisme français, René Desmaison a acquis un palmarès impressionnant, totalisant près d'un millier d'ascensions, dont 114 premières, dans les Alpes, l'Himalaya et les Andes. A la fin des années 1950, il a contribué à lancer le grand alpinisme hivernal, grimpant notamment lors de la première de la face ouest des Drus, de la face nord de l'Olan ou du pilier central du Freney, dans les Alpes. En 1966, il s'est illustré en sauvant deux alpinistes allemands coincés dans les Alpes, mais a été ensuite radié par la Compagnie des guides de Chamonix pour avoir réalisé un reportage pour Paris Match au cours du sauvetage."
(Le Monde)

31 juillet 2007

In memoriam (2)

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Michelangelo Antonioni

(29 septembre 1912 - 30 juillet 2007)

30 juillet 2007

In memoriam

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Ernst Ingmar Bergman (14 juillet 1918 - 30 juillet 2007)

 

 

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Ulrich Mühe (20 juin 1953 - 22 juillet 2007)

 

23 mai 2007

A nos illusions

La mélancolie
Berce de doux chants
Mon cœur qui s'oublie
Aux soleils couchants.

Paul Verlaine, Poèmes Saturniens (paysages tristes) 

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